[FW500] Le classement des 500 premières entreprises de la Tech française

L’écosystème Tech français s’est structuré au gré de plusieurs vagues. Rappelons-nous, en 1995, les pure players se confrontent aux acteurs historiques, à des régulations qui visent à protéger la rente de ces derniers… le temps qu’ils opérent leurs propres transformations.

Trente ans plus tard, quelles sont les principales entreprises de la FrenchTech qui dominent cet écosystème ? C’est la question à laquelle nous avons voulu répondre au travers du Frenchweb 500.

Si les acteurs historiques, notamment les opérateurs telecom, occupent sans surprise le haut du classement, quelques pure players, dans le eCommerce ou la publicité, se sont hissés à des niveaux de chiffre d’affaires significatifs.

Ces sociétés se distinguent par des entrepreneurs aguerris (Critéo, Vente-privée, Teads…), qui n’ont pas hésité à accroitre leurs prises de risques, tout en se dotant de moyens de faire de leurs startups des acteurs majeurs, tant sur le marché hexagonal qu’à l’international.

En parallèle de nombreuses entreprises, notamment de nombreux éditeurs de logiciels créés dans les années 80/90, ont consolidé leurs positions, avec toutefois une croissance mesurée, afin de conserver leurs rentabilités.

Un écosystème qui est lui-même une start-up

Depuis les années 2000, de nouvelles entreprises se développent grâce à une chaine de financement qui s’est considérablement renforcée. Ces sociétés sont aussi portées par des entrepreneurs qui réinjectent une partie de leurs gains. Mieux, ils sont actifs dans leurs participations, et, avec passion, ils transmettent désormais l’envie d’entreprendre.

Parallèlement, les fonds d’investissement interviennent dès l’amorçage, et sortent peu à peu de leurs zones de confort.

L’État français développe, lui, une politique active au travers des gouvernements successifs. Le rôle de la BPI est majeur. Le label FrenchTech, même s’il cristallise de nombreuses tensions entre les faiseurs et les communicants, fédère l’ensemble des initiatives de l’écosystème.

Le contexte sociétal amène une nouvelle génération d’entrepreneurs: des jeunes, pour qui la création d’entreprise est désormais accessible, et des salariés, qui forts de leurs expériences, franchissent le cap du risque, pour réaliser les innovations qu’ils n’ont pu réaliser au sein des grands groupes auxquels ils ont appartenus.

Si Paris concentre une grande partie de ces entreprises, leurs développements se régionalisent de plus en plus avec des équipes disséminées dans les grandes métropoles, notamment les équipes techniques, marketing, services clients, qui peuvent désormais opérer à distance.

Une Frenchtech dynamique mais pas encore prête pour accéder à la Champions League

Ces nouvelles start-up françaises ont pour repères leurs concurrents à l’international. Ils sont aux États Unis, mais pas uniquement. Avec l’hyper développement des marchés chinois, d’Asie du sud est, et de l’Afrique,  où les usages reposent nativement sur les dernières innovations, les opportunités de développement s’élargissent.

Il en ressort que pour exister sur un marché international, l’élevage de bonsaï n’est pas de mise. Ces entreprises ont d’abord cruellement besoin de se développer en Champions League.

Ce classement montre à quel point le curseur entrepreneurial a changé de position sur le plan économique, managerial, ou financier.

Dans ce contexte, le rôle des grands groupes est clef. Le Frenchweb 500 révèle que, pour grandir, les start-up françaises ne doivent plus être considérées comme des outils de communication pour justifier la transformation numérique d’un grand groupe. Elles ne doivent pas non plus être vues comme des compétiteurs, mais plutôt comme des partenaires qui leur permettront de se hisser en haut de la compétition mondiale.

Le chemin parcouru est exemplaire; nous n’avons pas à rougir de ce qu’il se fait ailleurs. Nous devons être lucides sur le niveau auquel nos entreprises sont confrontées, que ce soit face aux voisins européens, à Israël, à l’Asie ou face aux États Unis.

Autrefois pépite française, un captain Train ne doit plus être une proie pour satisfaire ses investisseurs, mais doit, elle aussi, devenir un conquérant.

Nous avons tous les atouts pour jouer à ce niveau.

Voir les 500 premières entreprises de la Tech ici.


// Source : www.frenchweb.fr, Richard Menneveux, 4 avril 2016